L'ampleur du Labeur, Cacao, un village hmong

Ibis rouge

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Il y a eu ces mots d'une amie... Quelques mots enflammés teintés d'émotion qui nous ont peu à peu entraînées en Guyane. Un an avant le vrai départ, nous étions dans cet "avant" qui mûrit le voyage.... De la Guyane, j'attendais des mots sur le bagne. Révoltée par les injustices des peines non méritées, dans cet ailleurs épouvantable, éloignés des leurs, je pensais à Guillaume Seznec... Mais la Guyane ne ressemble plus à cela. C'est une terre de contrastes, bouleversée et bouleversante par les forces des éléments, de l'eau au sol et dans l'air, le feu du soleil, l'air immense au-dessus de la forêt, et la terre envahissante, rouge, poussiéreuse ou boueuse. C'est dans cette puissance enivrante qu'une population émigrée est venue partager cette immensité avec les amérindiens. Comme le reste du continent américain, les peuples, les cultures, les langues, les religions sont venues s'ajouter, se juxtaposer ou malheureusement parfois se remplacer.

Cette année d'avant le voyage nous permit d'aborder la Guyane tranquillement, d'en découvrir l'histoire, étonnante, comme celle de ce morceau de Laos en forêt amazonienne, qui nous étonnait, et nous attirait... Nous avions perçu l'histoire politique, mais nous ne comprenions pas encore ce que cela supposait de désarroi, de détresse humaine, devant les horreurs de la guerre, puis la volonté farouche de vivre de cet étonnant peuple hmong, émigré aux Etats Unis, au Canada, en France, et dans ce petit bout de France en terre américaine.

Nous avions tout préparé, comme des enfants sages, mais nous n'avions pas prévu les chocs émotionnels, créés par les rencontres et les paysages... Nous partions pour raconter des petites choses, tranquillement, et ce sont ces hommes et ces femmes au parcours difficile qui nous ont bouleversées, dans cette forêt qui, même si elle ne l'est plus, garde de "vierge" tout son sens.